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1.15 Fodor : l’affrontement final

Fodor (who is now a close friend) is a gentle man inside a burly body, and prone to an even burlier style of arguing. He is shy and voluble at the same time, a cat lover and a philosopher slayer. He is a formidable polemicist burdened with a sensitive soul. He likes to refute his opponents into an early grave in the afternoon and then quiver at the opera in the evening. Disagreeing with Jerry on a philosophical issue, especially one dear to his heart, can be a chastening experience; even when he is most wrong he seems to be winning the argument. His quickness of mind, inventiveness, and sharp wit are not to be tangled with before your first cup of coffee in the morning. Well, adding Jerry Fodor to the faculty at Rutgers instantly put it on the map, Fodor being by common consent the leading philosopher of mind today. (McGinn 2002, pp.189-190)

Dans le petit monde de la philosophie de l’esprit, Jerry Fodor a la stature d’un colosse terrifiant. C’est un incontournable, tout étudiant en philosophie de l’esprit finit par le croiser sur son chemin. Dans ses écrits, il défend des idées fortes dans un style bien à lui, spectaculaire, capable à la fois de la plus grande rudesse argumentative et du plus grand raffinement conceptuel. Ce talent rhétorique hors du commun est sans doute ce qui lui vaut sa très grande popularité auprès des philosophes et des spécialistes d’aujourd’hui.

Les philosophes de l’esprit le respectent au plus haut degré parce qu’il incarne le succès du philosophe : se rendre indispensable par la seule force de ses arguments. Fodor a eu l’audace de se présenter comme le philosophe de la psychologie, le porte-parole des psychologues en philosophie de l’esprit. Il se réclame à ce titre de la tradition de la psychologie spéculative. Son rôle est de décrire ce qu’il y a de commun à toutes les théories psychologiques dignes de foi scientifique. Il joue le rôle du grand rassembleur des psychologues en les confédérant sous l’idée que toute théorie psychologique sérieuse est représentationnelle. Toute théorie psychologique d’importance scientifique utilise des représentations mentales, des concepts, des « attitudes propositionnelles » pour expliquer le comportement. Fodor veut expliquer comment ces divers états mentaux sont manipulés par l’esprit-cerveau, comment ils se combinent pour produire le comportement. Selon Fodor, l’organisme humain exécute ces manipulations suivent des règles précises, comme le ferait une machine.

La référence à la machine n’est certainement pas anodine. Fodor est en effet un fier tenant du fonctionnalisme, un héritage sans doute de ses études de doctorat complétées en 1960 sous la direction d’Hilary Putnam. En 1975, Jerry Fodor publie The Language of Thought (« Le langage de la pensée »), un livre où il endosse clairement une thèse fonctionnaliste (Fodor 1975). Mais nous avons vu que le fonctionnalisme ne pouvait se passer de la métaphore de la pensée-machine. C’est ainsi Fodor récupère la métaphore inventée par les précybernéticiens en même temps que l’ordinateur. Mais il faut savoir que le fonctionnalisme prend ici un nouveau nom, il devient « computationnalisme », et cela sans doute pour mettre en évidence la comparaison avec les calculs d’une machine digitale.

Dans son livre, Fodor défend l’hypothèse aujourd’hui célèbre de l’existence d’un langage inné de la pensée. Autrement dit, selon Fodor, il existe dans la tête dès la naissance un langage analogue à celui d’une machine à calculer. Ce langage inné est d’une importance capitale. Sans lui, nous dit Fodor, l’apprentissage de notre langue maternelle serait impossible. Ce langage est un préalable nécessaire pour assurer la mise en ordre logique de nos pensées propositionnelles. Cette mise en ordre est le fait d’un langage computationnel, c’est-à-dire d’un langage qui permet à un organisme d’exécuter des opérations logiques simples. Ces opérations sont analogues aux opérations de calculs booléens d’une machine à calculer digitale.

Dans son livre, Fodor défend l’hypothèse aujourd’hui célèbre de l’existence d’un langage inné de la pensée. Autrement dit, selon Fodor, il existe dans la tête dès la naissance un langage analogue à celui d’une machine à calculer. Ce langage inné est d’une importance capitale. Sans lui, nous dit Fodor, l’apprentissage de notre langue maternelle serait impossible. Ce langage est un préalable nécessaire pour assurer la mise en ordre logique de nos pensées propositionnelles. Cette mise en ordre est le fait d’un langage computationnel, c’est-à-dire d’un langage qui permet à un organisme d’exécuter des opérations logiques simples. Ces opérations sont analogues aux opérations de calculs booléens d’une machine à calculer digitale.

Dans le schéma suivant, j’ai cherché à illustrer la manière dont Fodor s’approprie la métaphore de la pensée-machine. On trouve dans la colonne de gauche les deux termes de la métaphore originale. Dans la colonne de droite, j’ai juxtaposé la distinction entre la dimension sémantique et la dimension syntaxique du langage ordinaire. Cette distinction classique en linguistique prend chez Fodor la teinte nettement fonctionnaliste des idées de Noam Chomsky. Pour Chomsky, toutes les langues du monde sont définies par des règles syntaxiques précises. Il existe ainsi des règles pour une grammaire universelle, une grammaire computationnelle de toutes les langues. Selon Chomsky, cette grammaire universelle est innée, présente dans l’esprit-cerveau dès la naissance.

Figure 6. La triple analogie du langage de la pensée de Fodor
  De la pensée-machine... ... au langage de la pensée-machine  
Description psychologique fonctionnelle (croyances que P, désirs de Q, causes mentales du comportement, etc.)
États mentaux propositionnels
Compréhension des propositions
Description sémantique (signification de la pensée rationnelle, acquise, le plus souvent consciente)
Description logique, logicielle, computationnelle (machines à calculer des précybernéticiens)
États computationnels
Règles innées (grammaire universelle)
Description syntaxique à la Chomsky (langage premier, universel, préalable à la pensée)

À mes yeux, l’innovation philosophique (si on peut l’appeler ainsi) que propose Fodor, son langage de la pensée, est le fruit d’un trio d’analogies mis en évidence par les flèches en caractères gras.

Ce trio d’analogies illustre comment Fodor tente d’unifier la psychologie et la linguistique sous l’aune du fonctionnalisme philosophique. On y remarquera tout de suite le même espoir déraisonnable que McCulloch et Pitts entretenaient à l’égard de la psychologie et de la neurologie. Rappelons à ce sujet l’analogie qu’ils formulaient 30 ans plus tôt entre les propositions logiques et les neurones :

Il y a de nombreuses années, l’un de nous [McCulloch…] fut amené à concevoir la réponse d’un neurone comme factuellement équivalente à une proposition qui énonce ses stimuli appropriés. Par conséquent, il essayait d’enregistrer le comportement de réseaux compliqués par la notation de la logique symbolique des propositions. La loi en « tout ou rien » de l’activité nerveuse est suffisante pour garantir qu’on puisse représenter l’activité d’un neurone par une proposition. Les relations physiologiques existant entre les activités nerveuses correspondent bien entendu aux relations entre les propositions; et l’utilité de la représentation repose sur l’identité de ces relations avec celles de la logique propositionnelle. À chaque réaction d’un neurone correspond une assertion d’une proposition élémentaire. (McCulloch et Pitts 1995(1943), p.64)

Suivant la triple analogie de Fodor, les attitudes propositionnelles (psychologiques) sont traitées comme des formules computationnelles :

I think there are some widely (if inexplicitly) accepted conditions upon such ascriptions, and they take us very close to the heart of the methodological assumptions of modern cognitive psychology.
There are three of these : first, that the computational states ascribable to organisms can be directly explicated as relations between the organism and formulae : i.e., formulae in the internal code. So, e.g., insofar as one can (loosely) say that the organism stores the information that P, one must be able (strictly) to say that the organism is in a certain computational relation to the formula P (e.g., the relation of storing P). The second assumption is that the class of basic, theoretically relevant relations between the organism and formulae of the internal cade (i.e., the class of relations that can be constitutive of the computational states and processes of the organism) is pretty small.; in particular, that it is small compared to the class of theoretically relevant relations between the organism and propositions. Finally, and this is the important one, that for any propositional attitude of the organism (e.g., fearing, believing, wanting, intending, learning, perceiving, etc., that P) there will be a corresponding computational relation between the organism and some formula(e) of the internal code such that (the organism has the propositional attitude iff the organism is in that relation) is nomologically necessary. (Fodor 1975, p.75)

La parenté des analogies utilisées par McCulloch et Pitts et par Fodor est ici flagrante dans la troisième « hypothèse méthodologique » malgré le vocabulaire plus sophistiqué, plus philosophique de ce dernier. En somme, les deux premiers annonçaient déjà l’extrême fécondité de la métaphore de la pensée-machine. En cela, il n’y a rien de particulièrement original dans la démarche de Fodor. L’originalité de Fodor réside dans la force argumentative qu’il déploie pour convaincre que la métaphore de la pensée-machine a une portée ontologique, c’est-à-dire qu’elle existe vraiment dans la tête (ou dans l’organisme).

I have claimed that the only available models for deciding, concept learning, and perceiving all treat these phenomena as computational and hence presuppose that the organism has access to a language in which the computations are carried through. But, of course, this argument requires taking the models literally as at least schemata for explanations of the phenomena. In particular, it requires assuming that if such a model attributes a state to an organism, then insofar as we accept the model we are ontologically committed to the state. Now many philosophers do not like to play the game this way. They are willing to accept computational accounts of cognitive processes if only for lack of viable theoretical alternatives. But the models are accepted only as façons de parler, some reductionist program having previously been endorsed. (Fodor 1975, p.51, mes italiques)

Fodor commet ici l’erreur du réalisme philosophique. Cette erreur consiste ici à croire que les termes abstraits mis en scène dans une analogie existent de manière concrète, réelle. Il s’agit clairement d’une illusion produite par le réalisme philosophique qui remonte à Platon, l’illusion d’une ontologisation d’une métaphore mathématique et scientifique. Fodor croit que la métaphore de la pensée-machine n’est pas simplement une métaphore, mais bien une théorie vraie. Pour lui, il s’agit d’expliquer le succès de la psychologie, le succès de ses explications représentationnalistes. Pour Fodor, ce succès n’a de sens que s’il y a une réalité concrète qui sert de référence correspondante aux mots et aux concepts abstraits. C’est ainsi que Fodor ontologise la métaphore de la pensée-machine en prenant le langage computationnel des machines à calculer pour un langage inné qui existe vraiment dans la tête.

Revenons quelques secondes sur Putnam. J’ai remarqué plus tôt que Putnam avait fait l’erreur de croire qu’il devait donner une interprétation réaliste à son fonctionnalisme. J’ai illustré cette croyance par l’introduction du terme proprement fonctionnaliste dans l’analogie originale. Il croyait que l’existence de l’analogie inventée par les précybernéticiens légitimait l’existence abstraite mais bien réelle d’un niveau fonctionnel agissant comme intermédiaire entre les différents niveaux d’explications scientifiques. Fodor tombe dans un piège très semblable, mais plus sophistiqué, plus concret, celui de fusionner le niveau de description fonctionnelle intermédiaire de Putnam avec un langage inné, à la fois psychologique et entièrement computationnel.

Mais voilà, l’ontologisation du langage de la pensée est une imposture intellectuelle. Fodor se laisse berner par ce qui n’est en réalité qu’un agencement subtil d’analogies. L’erreur de Fodor relève d’une incompréhension totale de la pensée analogique, probablement la forme de pensée la plus courante, la plus ordinaire, la plus indispensable, mais aussi la plus négligée par les philosophes analytiques. Pourtant, sans la pensée analogique, il faut dire adieu à la pensée mathématique, logique, scientifique. La pensée analogique, c’est celle qui nous pousse constamment à faire des analogies et des métaphores entre différents domaines d’expériences. Sans ces métaphores, nos concepts, des plus ordinaires aux scientifiques, n’auraient aucun sens. Tout notre savoir est construit sur des analogies.

Ce que Fodor ne voit pas, c’est que la pensée analogique ne relève pas de la vérité, mais plutôt de l’utilité. (Il est cependant souvent très commode de faire coïncider que ce qui est vrai avec ce qui est utile.) Et cette utilité ne dépend pas de sa portée ontologique. Il faut résister à la tentation du réalisme philosophique, la tentation de croire que les relations et les termes des analogies à caractère scientifique existent concrètement. Les analogies existent, c’est indéniable. Plus encore, elles naissent et elles meurent (quand elles tombent dans l’oubli), au gré des évolutions technologiques. Dans le cas de la métaphore de la pensée-machine qu’emploie Fodor, nous savons qu’elle a été inventée sous cette forme par les précybernéticiens entre 1936 et 1945. La métaphore est concomitante à l’invention de la machine à calculer digitale électronique.

L’imposture de Fodor est de nous faire croire que la pensée était computationnelle avant même que la métaphore de la pensée-machine n’existe. Pour Fodor, le succès des explications psychologiques s’explique par le fait que depuis toujours la matière et ses mouvements se comportent de manière computationnelle.

The remarks thus far are supposed to hold independent of any particular assumptions about the content of psychological theories. Indeed, they hold of any physical system insofar as its changes of state are interpreted as computations. (Fodor 1975, p.75)

Mais cette application ontologique rétroactive de la métaphore est fausse, car la métaphore est née au 20e siècle! Ainsi, le réalisme philosophique qui donne toute sa force à l’hypothèse du langage de la pensée apparaît ici comme une impossibilité historique. Le succès de la métaphore en psychologie crée l’illusion que le langage existent vraiment dans la tête, mais il ne s’agit en réalité que d’une façon de parler. Le langage de la pensée n’existe pas vraiment. Et ce langage n’est surtout pas ce qui explique pourquoi la psychologie qui fonctionne est justement la psychologie computationnaliste. La psychologie fonctionne de manière générale parce que les gens ordinaires et les psychologues utilisent la pensée analogique pour construire leur savoir. Cela n’a rien à voir avec l’hypothèse que l’esprit est une machine à calculer. Si cette hypothèse a du succès, c’est parce qu’elle s’appuie sur une métaphore qui s’est propagée dans les sciences à partir de 1946 par l’entremise de la cybernétique. Mais la cybernétique a fini bien vite par se marginaliser, se dissoudre dans les sciences exactes et les sciences sociales, biologiques et psychologiques. Ce qui a continué d’alimenter le feu de la métaphore, c’est la propagation et l’usage de la technologie digitale elle-même dans les départements universitaires de psychologie. En 1975, alors qu’il proclame l’existence d’un langage de la pensée, Fodor ne fait que récolter ce que les cybernéticiens ont semé.

On l’aura compris, mon argument ne vise pas uniquement Fodor. Je lui reproche d’être complètement passé à côté de la pensée analogique et de sa primauté évidente sur la pensée logique. Je crois que cette erreur, beaucoup de philosophes analytiques de l’esprit la font. Les philosophes analytiques succombent au charme des mathématiques, comme si elles pouvaient leur apporter la vérité sur un plateau d’argent. Ils succombent à l’obsession de la mesure mathématique, du mécanisme logique, qui occulte complètement l’importance de la métaphore pour la pensée. C’est une constante de la philosophie occidentale depuis Platon. L’erreur est de croire que la théorie mathématique mesure quelque chose dont l’existence se définit uniquement par sa mesure… avant même que sa mesure ne soit inventée. Pour toutes ces choses que nous ne pouvons percevoir par nos sens mais uniquement par nos outils de mesure, il faut prendre garde de les croire réelles, car ce sont uniquement leur mesure qui leur donne une réalité. C’est l’essence de l’antiréalisme que j’ai défendu dans la première partie de ce chapitre.

La mesure ne dit pas tout, au contraire, elle dissimule ce qu’elle est incapable de dire. Plusieurs philosophes ne réalisent pas que toute nouvelle mesure, tout nouveau calcul, toute nouvelle théorie naît avec un lot inséparable de métaphores qui n’ont rien de vrai, mais qui sont indispensables à leur usage. Seule compte ici l’utilité. Et cette utilité est concomitante de la technologie ou de la technique qui crée un nouveau domaine d’expériences. Cela implique que des analogies et des métaphores meurent et se fossilisent au gré du déclin de l’usage et de la popularité des technologies qui les alimentent. Il en ira ainsi de l’hypothèse de Fodor. Il est difficile de dire ce que les technologies futures permettront de conserver de l’idée d’un langage computationnel inné. Mais il n’est pas interdit de croire qu’elle sera alors considérée comme étant périmée. Cette hypothèse n’aura jamais été vraie, seulement utile pour un temps.

En somme, il arrive souvent que les idées et explications philosophiques sont les fruits d’innovations mathématiques et technologiques qui les ont précédées. En ce sens, les explications philosophiques ne sont que des épiphénomènes abstraits par rapport aux innovations du domaine concret. Elles servent souvent à donner une interprétation réaliste à des théories, autrement dit des raisons d’accorder une portée ontologique ce que postule une théorie. Mais ces raisons sont pour moi fausses et illusoires car elles ne tiennent pas compte de la nécessité de la pensée analogique. L’illusion métaphorique est au cœur de la pensée humaine, c’est ce qui nous oblige à adopter un épiphénoménalisme de la pensée, comme je le propose dans un prochain chapitre.

 

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